Observatoire Des Transidentités

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Étiquette : Education

Transidentité et scolarité #2-Introduction

 

M-Y. Thomas, A. Alessandrin, K. Espineira


Transidentité et scolarité #2

 

Introduction : transphobie vs participation scolaire 

            Après avoir proposé un dossier sur la scolarité trans en décembre 2012[1], l’Observatoire Des Transdientités pose une nouvelle fois son regard sur l’école en cette fin d’année 2013. Cette année aura été marquée par la participation de l’Observatoire Des Transidentités à des discutions ministérielles pour l’élaboration de dépliants et plaquettes visant à lutter contre les discriminations et le harcèlement à l’école, dont Eric Debarbieux aura montré qu’ils conditionnent fortement la participation scolaire[2]. Toutefois, notre investissement du côté d’une prise en compte réelle des besoins, notamment préventifs, concernant la transphobie à l’école n’a pu être véritablement entendu (et ce malgré les bonnes volontés multiples qui ont accompagné nos préconisations). A la sortie d’un abécédaire contre le harcèlement à l’école, publié par le ministère de l’éducation nationale fin 2013, il n’était déjà (presque) plus question de genre… encore moins des trans. De ce point de vue, le rapport sur les discriminations liées à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre à l’école, rédigé par  M. Teychenné et remis au ministre de l’école nationale en juin 2013, évince lui aussi la question trans et, ce faisant, ne remplit pas son cahier des charges[3]. On notera dans l’enquête de Maria Rita de Assis César ce même lobbying et effacement concourrant à la déscolarisation et pauvreté des travestis et transsexuelles au Brésil. Pourquoi un tel effacement confirmant une grave inégalité à l’école ? Pourquoi n’y a-t-il aucun recours devant ces dysfonctionements graves et répétés, laissant face au vide de la loi comme de la culture, toute place aux pratiques et pouvoirs malveillants ?

Face à ce constat d’échec, l’ODT poursuit sa volonté de visibiliser cette question en prenant en considération que l’école qui, tout en étant le lieu d’une socialisation et d’une réalisation de soi importante, peut aussi devenir le lieu d’un malaise, d’un désamour de soi, de l’institution ou de l’entourage. Le désengagement scolaire est un désengagement social. Et puisque les normes de genre s’appliquent avec violence depuis le plus jeune âge, la question des transidentités, de leur inclusion et de leur prise en compte, ne peut faire l’économie d’une réelle réflexion sur la manière dont l’institution scolaire, et déjà LES institutions scolaires, prennent en charge et luttent contre les discriminations à l’encontre des enfants trans. Cela supposerait de prendre le sujet des variances de genre dès l’enfance, de former adéquatement sur les questions de genre en général. Les reculades du gouvernement Hollande et le déni du Sénat n’aident pas tandis que la communauté trans soupèsent les propositions des autres groupes politiques. Tout se passe comme si chacun attendait un pas (ou un faux pas) pour verrouiller les choses en l’état.

Les vigiles du genre

On aurait pu croire la question du « genre » à l’école masquée par les débats autour du mariage pour tous ou poussé à la marge par le flux des actualités polémiques. Il n’en est rien. Depuis que l’inscription, en septembre 2011, du terme de « genre » dans les manuels scolaires, et notamment en SVT (Sciences et Vie de la Terre), a créé une vague d’indignation parmi la minorité des plus conservateurs en France, et des actions à l’encontre de l’enseignement du « genre » ou des programmes de lutte contre les discriminations n’ont cessés de se multiplier. Dernier en date, après les IMS régulièremnt menacées, la fronde de groupes catholiques et droitistes contre le film de C. Sciamma, Tomboy[4], en accentue la pression contre ce qui leur apparaît comme une « plongée dans le monde de l’homosexualité »[5]. Au-delà des hésitations et maladresses gouvernementales, laissant croire entre autre qu’une « théorie du genre » existait et pouvait donc être enseignée[6], des comités de « gender vigilances » ont vus le jour un peu partout en France. La question de l’homosexualité rejoint ici la question trans Sur son site internet, l’observatoire du genre[7] met par exemple en garde contre la diffusion du film « Tomboy » dans les écoles et s’insurge contre les programmes de lutte contre le sexisme ou l’homophobie. Ce mouvement, amplifie le silence par une absence de réflexion. Il s’ensuit l’inertie caractéristique du champ sociopolitique et le maintien dans le champ médical à l’âge adulte pour des individus pauvres, en souffrance et souvent déscolarisés. Un champ laissé en friche nécessitant des praticiens, un diagnostic et un trouble (quelqu’il soit). Par ce dossier, l’ODT souhaite rappeler que les vies trans ne sont pas des « théories » ou des programmes de dégenration mais bel et bien un fait accompli qu’il s’agit de prendre en considération si nous voulons que tous les enfants, adolescents et jeunes adultes puissent avoir et espérer une vie vivable aux côtés d’autres vies humaines sans être poussés en deçà du respect à la vie privée, de la dignité, de la souffrance et de l’exclusion. De manière concomitante, mais peut-être serait-ce là un nouveau dossier à mettre en œuvre, nous incluons, outre la nécessaire réflexion sur l’école, dans nos réflexions les parents trans et les enseignant.e.s trans.

Le concept de « gender creativity »

Rappelons que l’école est avec l’arène familiale, le premier espace de socialisation dans la vie d’un enfant, structurant outre sa préparation à une entrée dans la vie active et donc des revenus, son développement à une vie viable et stable. Afin d’inclure toutes les formes de transidentités, et face aux doutes provoqués par le terme d’ « enfant trans », c’est parfois le terme de « gender-variant » ou de « gender creativ » qui a été retenu. C’est autour de cette notion qu’Elisabeth Meyer travaille depuis quelques années (Meyer, 2004 ; 2010). Ces recherches ont déjà permis de distinguer la « genderphobia »  de l’homophobie et de travailler la notion de « gender creativ spectrum », qu’elle nomme aussi l’indépendence de genre. Dans une présentation de ces travaux sur son site internet[8], Elisabeth Meyer souligne que dans les cours élémentaires, 8% des élèves ne respectent pas strictement les traditions de rôles de genre. Elle rappelle aussi que selon l’enquête du Glsen[9] en 2005, l’expression de genre est la troisième cause de harcèlement à l’école après l’apparence physique (le poids…), l’orientation sexuelle réelle ou supposée, et avant l’ethnicité ou l’appartenance religieuse. L’importance de ces chiffres révèle premièrement la nécessité d’investiguer le sujet, indépendamment des notions de sexisme ou d’homophobie, même si des processus communs font le lit des discriminations. Il s’agit donc de « se compter pour compter ». Aussi, ces chiffres soulignent l’importance du choix méthodologique du calcul. On ne saurait limiter la question trans aux personnes qui entament une transition et ce faisant, comme nous le soulignions en 2012, limiter les transidentités aux univers adultes ou adolescents. L’enfance, comme instant précieux de construction identitaire en délibérée, doit aussi être investiguée au sein des trans studies[10] en dehors de la neutralité avancée des « étapes » psychologiques de l’enfant. 

Quelles recherches ?

Certes, la question trans croise la question homosexuelle dans les mêmes termes à l’école. Mais quels sont ces termes ? Les deux questions ont en commun d’avoir été des objets du champ médical protégeant efficacement le brouhaha des discriminations et effacements des vies non binaires. Mais l’effort pour comprendre ce qu’il en est du sujet trans butte encore sur l’hégémonie médicale tandis que celle-ci se crampronne sur le label de psychiatrie. Alors que la question trans arrive tardivement, longtemps confondue avec l’homosexualité, elle tend à déplacer les lignes du côté du genre, floutant les concepts destinés à distinguer ces deux groupes minoritaires et marginalisés et donc d’ordonner une ligne de partage que les recherches mettent à mal. Le genre apparaît une donnée cruciale telle qu’elle ouvre des perspectives et partant, des pratiques possibles à l’école. Mais quelles sont-elles et quelles en seraient les pratiques ? S’agit-il bien de « redonner leurs chances à l’école » ou n’abdique-t-on pas justement devant cet effort ? Sylvie Ayral[11] montre que l’économie dominante par laquelle nous comprenons et ordonnons les rapports sociaux fait l’impasse sur ces variances. La « fabrique des garçons » produit dans son mouvement, outre la marque d’une fabrique d’une différenciation socialement construite, l’effacement pur et simple des variations de genre à l’intérieur de la catégorie garçon/fille. A fortiori gender-variant. Dans ce chassé croisé où la dymorphie sociale l’emporte sur l’économie psychique des individus, le sujet trans reste la trangression ou l’exception médicale que l’on exhibe et le parent pauvre de la recherche ; inévitablement, il est la monnaie d’échange pour tous les fronts dans les échanges sociopolitiques telle qu’elle se déploie dans l’espace public où la fronde féministe succède à la fronde traditionnaliste et droitiste[12]. Pourquoi s’enquérait-on de ce sujet si le moment trans n’est que ce changement strictement individuel et partant, individualiste, tranche C. Delphy. La controverse SVT est un moment conflictuel typique ou le politique veut pouvoir reprendre la main face aux différentes frondes mais, sans programme ni consultation, vient nier la réflexion issue de ces recherches et l’attribuant à une « militance gender ». Comment appliquer à l’école les études de genre en incluant la question trans et intersexe ? La population trans a été d’autant plus réduite qu’elle a été comptée à l’âge adulte, par le changement chirurgical de sexe et de papiers d’état civil dans et par les seules équipes hospitalières. Sur le fond, cette gestion conservatrice impliquent les préjugés, discriminations et résistances d’une époque, instrumentalisant la recherche, plus économe et plus ardue. Quelle « théorie » croire désormais ? La contestation contre une « théorie sur le genre » s’adresse à cet endroit particulier d’une transition de société et vise typiquement à « défendre un mode de vie » impliquant des représentations identitaires du type binaire-cisgenre.

Comparer : importer les bonnes idées

Afin de résoudre ces multiples questionnements, et ainsi ne rester du côté de l’incantatoire, l’Observatoire Des Transidentités propose de revenir sur des expériences étrangères qui ont fait leurs preuves. Une partie du dossier sera consacré à l’exemple brésilien, ou des politiques volontaires ont mis en avant, localement et nationalement, une politique de lutte contre la déscolarisation des enfants LGBT et plus précisément des enfants Trans. Elizeu Clémentino et Maria Rita Cesar, tous deux sociologues brésiliens et spécialistes de la question de l’école et de la scolarisation des personnes LGBTT, reviendront sur les programmes de lutte contre la discrimination transphobe mis en place par les gouvernements récents. Erik Schneider, membre actif de TransGenderLuxembourg, nous propose une traduction de ces travaux sur les trans à l’école dans un contexte européen et plus précisément luxembourgeois. Dans ses travaux menés au sein de commissions tant nationales que locales, il développe une expertise que l’Observatoire se réjouit d’accueillir. Enfin, Gabrielle Richard et Line Chamberland reviendront sur leurs travaux respectifs sur la transphobie en contexte scolaire québecois. Nous vous invitons à ce propos, à lire le rapport de Line Chamberland[13] sur la transphobie en milieu scolaire ; rapport qui nous convie à poser la question d’une prise en compte réelle du ministère de l’éducation nationale sur cette population. Nous n’aurions pas pu terminer ce dossier sans mettre en avant une « bonne pratique » française. Grace à l’association « Contact Aquitaine », nous vous proposons aussi un entretien avec un psychologue rompu aux IMS (Interventions en Milieux Scolaires) qui n’hésite pas à introduire les notions de genre et de transidentités dans ses interventions afin de lutter contre les stéréotypes de genre notamment.


[1] Dossier « scolarité et transidentité » -première partie- disponible sur : http://www.observatoire-des-transidentites.com/article-transidentites-et-scolarite-113984643.html

[2] Lire par exemple : La violence en milieu scolaire, esf ed. (1999).

[3] Pour lire ce rapport : http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/134000424/0000.pdf

[4] Clarisse Fabre, « Le film « Tomboy » relance le débat sur la question du genre », Le Monde, 23.12.2013, http://www.lemonde.fr/culture/article/2013/12/23/le-film-tomboy-derange-des-parents-d-eleves_4338878_3246.html

[5] Péittion en ligne hébergée par le groupe actionfrançaise, URL : http://www.actionfrancaise.net/craf/?Petition-Non-a-la-diffusion-du.

[6] Lire le texte « La théorie du genre n’existe pas », rédigé par des chercheurs en sciences humaines et sociales, et publié par Libération le 10 juin 2013 : http://www.liberation.fr/societe/2013/06/10/la-theorie-du-genre-reponse-au-ministre-vincent-peillon_909686

[7] http://www.theoriedugenre.fr/

[8]  http://www.slideshark.com/Landing.aspx?pi=zI3zxIYuCz8bFwz0

[9] Glsen, « The 2005 National School Climate Survey » 2005. Site de l’association : http://glsen.org/

[10]  On retrouve les éléments relatifs à cette partie et au concept de « gender creativity » dans l’article en ligne « Quelle place pour les élèves trans ? » (A. Alessandrin), 2013. URL : http://mixite-violence.sciencesconf.org/browse/speaker?authorid=220811.

[11] Sylvie Ayral, La fabrique des garçons, Ed. PUF, 2011.

[12] http://cestmongenre.wordpress.com.

[13]Disponible ici : http://homophobie2011.org/fileadmin/user_upload/microsites/homophobie2011/Documentation/La_transphobie_en_milieu_scolaire_au_quebec.pdf


Mise en ligne : 31 janvier 2014.

Transcolarité

Caroline Dayer
Université de Genève


Transcolarité 

 

Les trans* au vestiaire

La scolarité est rarement un long fleuve tranquille, d’autant moins lorsque l’eau ne coule pas dans le lit creusé par les attentes socialement construites ou lorsque le ruisseau prend des chemins de traverse sans balise. Des injonctions d’endiguement aux sanctions répétées, le cursus scolaire peut se transformer en parcours de combat.

Les expériences de rejet sont partagées par différent-e-s élèves, à la différence que celles liées au genre ne sont pas de prime abord partageables avec leurs proches : une jeune fille traitée de camionneuse à l’école osera-t-elle en parler à ses parents en rentrant à la maison ? Un jeune garçon qui se fait sans arrêt bousculer – dans la cour comme dans les couloirs – parce qu’il est jugé trop efféminé trouvera-t-il du soutien auprès de ses camarades et de ses professeur-e-s ? Il sera surtout traité de pédé et les mots parleront de sa sexualité alors qu’ils ne savent rien d’elle. Ces derniers signalent par contre la disjonction perçue, dans un contexte donné, entre un sexe assigné à la naissance (basé uniquement sur les organes génitaux externes) et une identité de genre ainsi que des expressions de genre, dites atypiques alors qu’elles ne sont qu’une variation parmi d’autres.

Les discriminations trans* ne sont-elles pas le parent pauvre des discriminations LGBTIQ qui le sont elles-mêmes quant à cette thématique générale ? Et par rapport au contexte scolaire, ces questions ne sont-elles pas l’enfant pauvre de l’école alors qu’il peut s’agir de conflits quotidiens et saillants – s’appareillant dans des espaces bigenrés – comme de ne pas savoir dans quelles toilettes se rendre ou de ne pas savoir « où se mettre » dans un vestiaire. Ce que peut vivre un-e élève trans* dans un vestiaire n’est qu’emblématique de la mise au placard des vécus trans* et des violentes facettes du cissexisme.

Cissexisme en contexte scolaire

L’invisibilisation des questions trans*, de surcroît à l’école, est paradoxale dans le sens où les expressions de genre transgressives sont visibles. Insupportables qu’elles seraient, elles deviendraient objet non seulement de violences verbales et physiques mais également de déni. Les expériences de rejet liées à l’identité de genre et/ou à l’orientation sexuelle sont avant tout de l’ordre de la solitude. L’absence de mots et d’images obstrue la formulation à soi-même puis à autrui. L’informulable et l’indicible amplifient un sentiment de décalage, empêchant de se faire une place à l’école mais aussi dans la famille, de se sentir membre de cette société et de pouvoir se projeter dans l’avenir.

Les enfants trans* savent ce qu’ils/elles ne sont pas et se trouvent en porte à faux avec l’école qui apprend, aussi, à se comporter en garçon ou en fille. De cette socialisation qui fait défaut et s’effectue dans les failles, le seuil de la classe se mue en placard, dont les contours naturalisent les frontières et sanctionnent les personnes qui dérogent aux normes de genre en vigueur.

Cette structure fait système et le cissexisme qui ne dit son nom imprègne les parcours des jeunes trans* qui saisissent rapidement ce qu’il en coûte de ne pas lui porter allégeance. Apprendre à faire semblant, apprendre à mentir, apprendre à se cacher, apprendre à s’aliéner, pour se protéger. Parce que personne ne le fera à leur place. L’école reconduit les inégalités et en tant que fabrique du genre, les violences transphobes se déploient sans même savoir ce que les jeunes vivent ni ce qu’ils/elles deviendront.

Ce système binaire et hiérarchisé s’incarne, dans les formulaires comme dans la littérature de jeunesse, dans l’assignation irrévocable comme dans le refus du prénom choisi. Les conséquences se déclinent de l’absentéisme au décrochage scolaire jusqu’à l’impasse menant au fait de quitter un établissement pour pouvoir (sur)vivre. Toutefois, les transferts transphobes traversent toutes les sphères, même celles qui sont habituellement perçues comme un environnement de protection.

Transparent

Dans les cas présents, les parents ne constituent pas forcément un refuge et des ressources pour l’enfant au genre variant. Par ailleurs, l’enfant d’un parent trans* peut également subir des violences par ricochet. L’élaboration de cette transparence est fondée sur un arsenal médical, psychiatrique et juridique qui produit des corps cisgenrés et hétéronormés, répondant à la suprématie construite du masculin. L’intériorisation des stéréotypes de genre fait rage et le sentiment d’être en sécurité nulle part ne favorise pas les coming out.

Transformation

Ce processus d’affirmation et de transformation s’opère difficilement en terrain hostile et interroge la formation des professionne-le-s rencontré-e-s.

Concernant l’école, cette dernière demande à être repensée autant dans ses contours institutionnels, dans sa matérialité genrée qu’à travers les personnes qui l’incarnent dont il est nécessaire de déployer les aptitudes dans ce domaine, s’inscrivant d’ailleurs dans un cadre plus vaste de politique de lutte contre les discriminations. Des manuels aux programmes, des circulaires aux outils pédagogiques, ce travail s’avère bénéfique pour tout le monde, élèves comme enseignant-e-s, enfants comme adultes.

Transphères

Les devenirs trans* révèlent d’ailleurs également les limites de l’univers académique et du monde professionnel. Les violences transphobes traversent en effet toutes les sphères (famille, ami-e-s, école, travail, rue, sport, etc.). Leur prévention ainsi que leur prise en charge engagent donc une dialectique articulant des niveaux autant intrapersonnel, interpersonnel que sociétal et prenant en compte les transferts de connaissances et de compétences des personnes trans*.   

Faire trans*

Il s’agit donc de se centrer sur le faire trans* et les pratiques des personnes concernées dans toute leur diversité et créativité, afin que ces dernières puissent mettre en lumière leurs propres questionnements et cheminements, tout comme les façons dont elles font de leur vie une histoire, défiant les artefacts moraux, pathologisants et naturalisants. Et pour traverser la scolarité, les possibilités d’information et de soutien se montrent vitales, tout comme les apports des associations et le développement des études trans*.


Mise en ligne : 31 janvier 2014.

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