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OUTrans : Le transféminisme

OUTrans

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LE TRANSFEMINISME 

OUTrans est une association de terrain crée en avril 2009 par les trans pour les trans face à une lacune de réseau d’autosupport et face à un climat transphobe tant sociétal qu’institutionnel. OUTrans est une association mixte FtM, MtF, Ft*, Mt* avec des alliéES cisgenres. On est présent dans la région parisienne (Ile-de-France). Nos revendications portent entre autres sur la dépathologisation et dépsychiatrisation des transidentités ; la reconnaissance de la transphobie comme discrimination ; une suppression du sexe de l’État civil ; la suppression immédiate de la stérilisation forcée ; la suppression du recours aux expertises médicales et la dissolution complète des équipes hospitalières.

OUTrans est une association qui se revendique aussi transféministe. La plupart de nos militantEs présentEs et anciennEs sont issuEs du mouvement féministe, de la communauté queer et transpédégouine. Notre question du départ était : Comment on peut inclure nos positionnements, nos principes féministes dans la praxis politique de notre association et plus largement dans l’agenda du mouvement trans ? Une référence et l’inspiration politique très importante dans nos réflexions étaient des collectifs transféministes de Barcelone comme Guerilla Travolaca, Trans Block ou Octubre Trans

Le point du départ de notre réflexion sur la convergence des luttes trans et féministes et leur articulation dans le terme « transféminisme » était le constat que la transphobie contre laquelle lutte notre association est un produit de plusieurs systèmes de rapport de pouvoir. Pour reconnaître la diversité de formes de la transphobie et pour y résister, nous nous sommes tourné.es vers des outils à la fois politiques et théoriques produits par le féminisme. Le courant du féminisme qui nous est proche et qui selon nous, ouvre la possibilité de tisser des alliances politiques entre les groupes minorisés est le courant dit de la « troisième vague » qui interroge le sujet politique de « nous, les femmes » (Monique Wittig, Gayle Rubin, bell hook, Audre Lorde, Judith Butler, Angela Davis). 

OUTrans dans sa pratique politique part du constat que la transphobie est liée surtout au système de normes de genre et des sexualités issu de l’hétéronormativité. Ce terme définit un système de rapports de pouvoir qui produit divers modes de domination comme le sexisme, la misogynie, la transphobie, la lesbophobie, l’homophobie. L’hétéronormativité (qui est présente dans tout les aspects de notre vie quotidienne, tant au niveau social qu’institutionnel ou juridique) fonde une hiérarchie, un canon des styles corporels, des rapports économiques et des styles de vie reconnus et soutenus par la société comme « normaux » et « ayant de la valeur ». A l’inverse, certaines corporalités, pratiques sexuelles, façons de nouer des relations et de manières de vivre sont définies comme « pathologiques », « anormales » et « déviantes », et sont fortement exposées à un ensemble de dominations, de discriminations et de violences.

Pour combattre la transphobie dans tous ses aspects OUTrans considère qu’il faut avoir des armes multiples et le combat doit être mené sur plusieurs niveaux en solidarité avec des autres mouvements sociaux. C’est pour cela qu’OUTrans parle aujourd’hui de transféminisme, afin de mettre en valeur des stratégies politiques basées sur le principe de coalitions. Plutôt que de mener une politique strictement identitaire, centrée sur un groupe social, sur un sujet politique bien défini, la stratégie de coalition cible les modes d’oppression dans toute leur complexité (le sexisme, le racisme, la transphobie, la précarité, le validisme, l’homophobie, la lesbophobie etc.). OUTrans s’inscrit dans la praxis de la politique des alliances. On considère qu’il faut mener les luttes sur les points de convergences des divers oppressions en ne négligeant pas pourtant les différentes vécues et les conditions matérielles spécifiques pour chaque groupe social, chaque communauté et chaque identité. La coalition entre les mouvements trans et féministes vise alors à combattre ces divers types d’oppression, en utilisant les outils politiques qui viennent d’un côté de l’héritage du mouvement féministe et du mouvement queer.

LES OUTILS DU MOUVEMENT ET DE LA THÉORIE FÉMINISTE ET QUEER

A partir des années 1970, le mouvement féministe et les critiques faites à l’encontre d’un type de sujet politique par le Black Feminism, par les lesbiennes, les femmes de la classe populaire, apportent dans la praxis politique un regard méfiant concernant toutes formes d’universalisme abstrait, surplombant et uniformisant, parlant « au nom de », lissant les problématiques sous un « nous » commun, soulignant pourtant l’importance des alliances politiques et des solidarités. En termes d’outils politiques, le féminisme a élaboré nombres de stratégies de lutte, comme par exemple la mise en place d’espaces politiques « non-mixtes », de groupes de parole et de conscientisation, de développement de l’autodéfense féministe, etc. – et  toutes autres sortes des pratiques politiques en vue de la réappropriation du corps et de la sexualité.

Quant à la politique queer, héritière, pour d’une part, du féminisme post-identitaire, d’autre part du féminisme matérialiste, elle a émergé aux Etats-Unis dans les années 1990, avant d’être reprise par de nombreux mouvements dans d’autres contextes géopolitiques. Elle vise à faire basculer les grandes dichotomies que sont les catégories « homme » / « femme», « hétérosexuel» / « homosexuel», « masculin» / « féminin » au profit d’une vision impure et fluide du sujet politique. Un des outils de la politique queer passe par une réappropriation et le détournement de l’insulte, du stigmate : le fait d’affirmer et de revendiquer nos corps et nos choix. Une autre tactique politique issue du mouvement queer est de ne pas se résigner à l’assimilation, à la lutte pour l’ « égalité de droits » et à la politique LGBT mainstream au profit de la visibilisation de multiples styles corporels et d’identités. Le mouvement queer porte aussi un regard méfiant face aux institutions et à la politique gouvernementale.

TRANSFEMINISMES : QUELS ENJEUX ?

OUTrans, association qui dans sa praxis politique essaie de développer une approche à la fois trans, queer et féministe, qu’on appelle le transféminisme, à l’avantage de rendre possible la construction d’un arsenal militant qui soit riche et de solidarités qui soient solides : espaces trans non-mixtes de discussion et de conscientisation, groupes d’autodéfense et d’empowerment, auto-support, etc. La réappropriation par les trans des discours et des modalités d’action féministes pourrait conduire à l’émergence d’une solidarité réelle entre les luttes trans et les luttes féministes, de sorte que celles-ci deviendraient plus inclusives des personnes trans, tant dans leurs pratiques collectives que dans leurs revendications.

A l’heure actuelle, beaucoup d’espaces féministes sont encore définis comme des espaces « féminins » (selon les critères essentialistes), et l’accueil des personnes trans ne va pas encore de soi. Ainsi, l’inclusion des trans dans les mouvements féministes est porteuse d’un potentiel de radicalité, d’une exigence rigoureusement anti-essentialiste et queer, qui fait encore défaut, en dépit des convergences naissantes depuis quelques années.

Au-delà des enjeux posés par la présence des trans au sein des luttes féministes, à OUTrans nous nous préoccupons d’apporter des outils féministes que nous développons aux mouvements trans qui demeurent indifférents aux questions féministes ou qui demeurent essentialistes. A notre sens, il est risqué de combattre la transphobie sans lutter en même temps contre le sexisme, la mysogynie et l’hétéronormativité ; la précarité ; le validisme sans la redéfinition radicale des notions de « sexe biologique », de « genre », de « nature », de « norme » etc.

AGENDA TRANSFÉMINISTE d’OUTrans

L’agenda d’OUTrans est alors celui du transféminisme. En 2010 et 2012, on a co-organisé le Pink Block avec le NPA, les Tumultueuses et les Panthères Roses pour la manifestation du 1er Mai. En 2010 et 2012, OUTrans a participé à la Queer Week à l’Institut de Science Politique à Paris : la première fois pour un débat après la projection de documentaire L’ordre des Mots ; la deuxième fois dans le cadre d’une table ronde sur les trans-identités avec Eric Macé, Maud-Yeuse Thomas et Karine Espineira. En 2012, nous avons signé l’appel « Nous Féministes » qui était une réaction de milieu féministe face à la montée de la droite extrême en France avant les dernières élections. En juin 2012, OUTrans a publié un communiqué de presse signé par toutes les associations françaises d’autodéfense féministe et les Tumultueuses, en solidarité avec CeCe MacDonald, une femme trans incarcérée aux Etats-Unis (dans l’état de Minneapolis) qui était condamnée à 41 mois de prison pour s’être défendue contre son agression physique accompagnée de propos transphobes et homophobes. On a ensuite organisé un rassemblement à Paris pour la soutenir. En mars 2013 nous avons participé au festival féministe à l’Université Paris 8 « Moeurs Attaque ». Nous sommes aussi des alliés du collectif féministe « 8 mars pour toutEs » et du STRASS (nous cosignons systématiquement les communiqués de presse ; les appels à manifestation ; nous marchons ensemble dans le cortège pendant les manifestations). Cette année OUTrans met en place des ateliers d’autodéfense féministe pour les personnes trans car même si l’on considère que discuter avec le gouvernement est une forme de lutte pertinente, elle ne peut à elle seule résoudre tous les problèmes liés à la diversité des violences transphobes qui nous touchent : insultes, agressions dans la rue qui vont quelquefois jusqu’aux meurtres, mais aussi discriminations au travail, dans nos relations familiales, amoureuses et amicales, chez les médecins et autres services d’usage de soin, dans notre/nos sexualités. Tout ceci impacte notre bien-être et notre épanouissement. Pour OUTrans, que la transphobie devienne illégale n’empêche en rien qu’elle perdure. Une loi contre la transphobie ne peut être efficace sans l’autodéfense féministe d’une part et l’éducation féministe autour des questions trans et de la question du genre en général d’autre part. 

CONCLUSION

OUTrans considère que la voie qu’ouvre le transféminisme est transversale. Elle est avant tout une vision des coalitions potentielles et à venir contre toutes les formes de dominations, de discriminations et de violences issues de l’hétéronormativité, du racisme, du sexisme, des nationalismes, du système carcéral, du capitalisme en créant des alliances qui contribuent à décloisonner les luttes contre ces différents systèmes de domination. Notre lutte politique est une lutte solidaire, côte à côte avec nos alliés : féministes, travailleuses et travailleurs du sexe, sans-papiers, personnes séropo, personnes racialisées, pédés, gouines, queer précaires etc. –  côte à côte avec toutEs les personnes dont les vies sont exposées au maximum aux effets très destructifs de l’héronormativité, du classisme, du capitalisme, du sexisme, du racisme.

Sous le terme du transféminisme, on entend alors une praxis politique qui soit une réelle convergence de luttes qui aura pour le but de transformer les conditions matérielles de nos vies afin qu’ils devient viables et vivables – afin qu’on puisse toutEs se sentir épanouiEs. Le transféminisme pour nous est un essai de faire une politique des alliances dans l’approche éthique de la bienveillance et de la solidarité où au lieu de se concentrer sur les revendications strictement identitaires, nous cherchons des coalitions entre les différents groupes minorisées à travers une lutte contre les divers modes d’oppression sans bien sur oublier les spécificités du contexte social, matériel et juridique de chaque groupe. Dans ce sens, l’approche transféministe qu’on essaie d’élaborer et appliquer au sein d’OUTrans, sollicite à la fois les mouvements trans que les mouvements féministes mais aussi anti-racistes, sans-papiers, anti-capitaliste et les mouvements qui luttent contre la pénalisation du travail du sexe, etc.

C’est aussi une approche qu’on nommera réflexif et critique envers d’une part la réalité dans laquelle nous vivons mais aussi envers nos propres outils et stratégies politiques et envers les rapports de pouvoir qui traversent nos mouvements militants. A travers le transféminisme, il s’agit de restructurer le champ des possibles politiques, de manière à faire advenir un militantisme radicalement inclusif, sous la forme d’un réseau de luttes réactives et renouvelées, c’est-à-dire un militantisme qui se réinvente constamment, en se démarquant ainsi des luttes identitaires forcloses. 

OUTrans


Mise en ligne,  avril 2013.

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Ali Aguado : Historique du mouvement trans et des luttes politiques

Ali Aguado

Militant à OUTRANS

 

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Historique du mouvement trans
et des luttes politiques

OUTrans est une association d’auto support trans fondée en 2009. Notre première action a été une minute de cri contre la transphobie le jour de l’IDAHO. Nous avons depuis mené plusieurs actions dans l’espace militant mais aussi des productions d’auto support, notamment en terme de santé sexuelle. Un guide de prévention et une campagne nationale de dépistage pour les trans et leurs partenaires, un guide sur le b.a BA des opérations. Notre action consiste à offrir des outils aux personnes trans mais aussi à leurs proches dans des questions de vie quotidiennes concrète mais aussi à mener de front une lutte pour participer aux termes du débat sur la questions trans puisque nous estimons être les premières personnes concernées.

Pour nous situer rapidement, nous nous reconnaissons comme des héritiers et héritières des luttes féministes où le féminisme est pour nous une boîte à outils pour penser les rapports de pouvoirs qui nous traversent  en tant que personne trans dans une société profondément sexiste, raciste et par extension homophobe, lesbophobe et transphobe. Le féminisme et le mouvement queer, nous permettent alors d’avoir des outils politiques pour nous affranchir des diktats de la pensée dominante. 

Nous sommes ici aussi parce qu’avant nous d’autres trans se sont mobilisé.es et ont réussit à imposer la question trans à force de luttes dans l’agenda politique à l’échelle nationale et internationale. Après de nombreuses années de lutte nous avons  réussi à imposer notre présence dans différents espaces. 

Je pense notamment à l’espace universitaire français où il n’aurait pas été question il y a 10 ans de cela que des trans prennent la parole pour discuter et proposer des pistes de réflexions sur les enjeux politiques et sociaux que révèlent ou soulèvent nos identités, pas plus qu’il aurait été possible d’avoir un espace pour que les trans eux et elles-mêmes fassent une analyse critique de la médecine, de la psychiatrie et de tenter de questionner nos  représentations sur le genre. 

Ce que je voudrais aborder aujourd’hui c’est donc l’émergence du discours trans dans l’espace militant mais aussi et surtout ce que ce discours produit lorsque le sujet parle lui-même.  On réalise alors que la transidentité au singulier n’existe pas mais qu’il serait plus juste de penser les transidentités dans tous ces possibles dépassements. Au même titre que le sujet “femme” qu’un universalisme aveugle défendrait peut on dire qu’il n’existe qu’un sujet trans au singulier ?

I. Historique du mouvement trans et des luttes politiques

 

1989-1997

1989 : Une circulaire interne au Ministère de la Santé établit que seules les personnes entrant dans le protocole établit par les équipes médicales « spécialisées » et gérer par les hôpitaux publics pourront être remboursés des frais médicaux relatifs à leur transition.

1992 :  La CEDH condamne la France, elle met en évidence que le droit français place les requérants dans un non respect de la vie privée (article 8 de la CEDH)

1997 : Première EXISTRANS à l’initiative de l’ASB (Association du Syndrome de Benjamin)

2003-2007

2003 : Premières revendications portées par le GAT : 

1- La déclassification du transsexualisme de la nosographie psychiatrique au même titre que l’homosexualité qui a été retirée par décision politique de l’A.P.A (association des psychiatres américains); la transsexualité, compte tenu de la méconnaissance du corps médical après des dizaines d’années de “recherches”, doit être sortie du diagnostic psychiatrique préalable. La dépsychiatrisation impliquant une aide, un accompagnement à l’AUTO-DIAGNOSTIC.

2- L’abrogation ou la révision du protocole pour que les équipes médicales se réfèrent à un protocole adapté à chaque individu et non plus sur l’entité «   transsexuelle   ».

3- Le libre choix du médecin par un principe affirmé de l’aide à l’AUTO-DIAGNOSTIC. (respect de l’article R4127-6 du code de Sécurité Sociale). Et non plus la toute puissance médicale d’une équipe hospitalière auto-proclamée spécialiste qui se ferait gardienne de notre identité/corps.

4- Une meilleure adaptation des dispositifs juridiques et administratifs dans la période transitoire ne nous condamnant ainsi plus à la clandestinité.

Septembre 2004: Première AG des trans organisée par le GAT. 

1-  L’Assemblée Générale demande la dépsychiatrisation de la question Trans.

2- L’Assemblée générale demande aux associations, groupes et organisations Trans’ présents le 27 septembre à l’ANAES de proposer collectivement un accès aux soins sans diagnostic psychiatrique préalable.

3- L’Assemblée Générale demande le changement du numéro de sécurité sociale et du prénom sans acte chirurgical préalable.

 

Octobre 2004: Existrans : PSYCHIATRISATION= TRANSPHOBIE

30 décembre 2004: Création de la Haute Autorité de Lutte contre les discriminations et pour l’égalité.La HALDE n’a jamais reconnu  la transphobie comme une discrimination. Le Défenseurs des Droits et des libertés non plus.

2007- aujourd’hui

Octobre 2007 : Première organisation Européenne de l’Existrans.  CONTRE LA PSYCHIATRISATION= RESISTRANS. Manifestations conjointes à Barcelone, Paris et Lisbonne.

Avril 2009 :  La Haute Autorité en Santé (HAS) publie son rapport sur la « prise en charge du transexualisme » en France.

Ce document, publié en avril 2009, traite de l’ensemble de la prise en charge du « transsexualisme » par le système de santé français. Il aborde la prise en charge médicale – diagnostic, hormonothérapie et chirurgie de réassignation – mais également les questions socio-culturelles et juridiques. Il résulte d’une analyse de la situation au cours de laquelle la HAS a rencontré des transsexuels, des professionnels de santé et des institutionnels.

 

Mai 2009 : Création d’OUTrans.

16 mai 2009 Roselyne Bachelot Narquin (ministre de la santé, de la jeunesse et des sports) déclare publiquement qu’elle vient de saisir la HAS « afin de publier un décret déclassifiant la transsexualité des affections psychiatriques de longue durée. »

Cependant cette déclaration ne va pas dans le sens d’une dépsychiatrisation de la transidentité, il s’agit simplement dans le code de la sécurité sociale français d’une reclassification de l’ALD 23 (affections psychiatriques de longue durée) vers une autre ALD. Une ALD est une Allocation de Longue Durée pour la prise en charge médicale et financière de personnes malades… Il ne s’agit que d’un changement de termes employés a des fins moins pathologisantes. Cependant, le ministère ne s’oppose pas à l’évaluation psychiatrique humiliante destinée à déterminer si une personne trans peut avoir accès au traitement hormonal. C’est pourtant un des problèmes les plus importants rencontré par les personnes trans, qui a un impact concret sur leur vie quotidienne, leur estime d’elles-mêmes, et qui est révélateur de la transphobie du système de santé.

Juillet 2009:  Publication des 12 recommandations du document Gender Identity and Human Rights de Thomas Hammarberg, commissaire aux droits humains du conseil de l’Europe.

Février 2010 Le Ministère de la Santé vient de publier le décret qui reclasse la transidentité des ALD 23 (affections psychiatriques longue durée) à l’ALD 31. Ce décret ne va pas dans le sens d’une dépsychiatrisation de la transidentité. En pratique, rien ne change pour les personnes trans qui restent considérées comme des malades devant être soumises à un suivi psychiatrique.

Mai 2010:  La ministère de la Justice, Michèle Alliot Marie rend public sa réponse à une question posée par un sénateur socialiste (Roger Madec) traitant de l’opération chirurgicale obligatoire pour procéder au changements d’état civil pour les trans.  Dans sa réponse elle rappelle des arrêts de la Cour de cassation datant de 1992 justifie que «le principe du respect dû à la vie privée justifie que l’état-civil indique le sexe dont la personne a l’apparence» et rappelle «qu’il appartient aux tribunaux d’apprécier au cas par cas les demandes de changement de sexe, au regard du caractère irréversible de celui-ci». 

Dans le même temps elle annonce cette précision que quelques associations trans françaises portent depuis des années: : «L’opération de réassignation sexuelle ne doit pas être systématiquement exigée dès lors que le demandeur apporte la preuve qu’il a suivi des traitements médico-chirurgicaux (hormonothérapie, chirurgie plastique…) ayant pour effet de rendre irréversible le changement de sexe et de lui conférer une apparence physique et un comportement social correspondant au sexe qu’il revendique.» 

25 avril 2010:  2ème AG des trans à l’appel d’OUTrans. Vote majoritaire contre les Centres de Référence.

   

Les revendications portées par l’AG des trans sont les suivantes :

 

-absence de test de vie réelle.

-libre choix du médecin, possibilité de parcours hors-centre de référence et remboursements assurés.

-élargissement des catégories professionnelles réunies dans ces centre par rapport aux équipes hospitalières existantes

-non-obligation de l’hormonothérapie réversible.

-obligations des praticiens à contribuer à la communauté scientifique internationale

-changement d’état civil facilité

-place décisionnaire des associations de personnes concernées dans les centres de référence.

-individualisation des parcours, y compris sur le plan corporel

-prise de modèle sur les Plannings Familiaux.

 

Par ailleurs l’Assemblée Générale des Trans a voté la résolution suivante :

– Pour mettre en oeuvre la dépsychiatrisation des transidentités, la prise en charge de la transition doit exclusivement se fonder sur une déclaration de consentement éclairé sans aucune forme d’évaluation ou de diagnostic.

19 mai 2010: Roselyne Bachelot a annoncé publiquement son intention de demander à l’Organisation Mondiale de la Santé de retirer le transsexualisme de la liste des maladies mentales, comme l’OMS l’avait fait pour l’homosexualité auparavant (1992 pour la CIM). Il aura fallu plus de 5 ans pour que le gouvernement prenne au sérieux le travail et les revendications portées par les diverses associations trans françaises. Pourtant, le ministère de la santé soutient le projet des Centre de référence qui consiste au final à légitimer l’installation des équipes hospitalières actuelles. Il y a visiblement une volonté de l’Etat français de se caler sur le modèle espagnol.

Juillet 2010: Création de la SOFECT : La SOciété Française d’Etude et de prise en Charge du Transexualisme  qui estime que « travailler ensemble est particulièrement important à un moment où les classifications et les concepts qui sont en jeu dans l’évaluation des patients que nous prenons en charge sont en cours de modification. A travers ces changements, l’action des médias, de politiques politiciennes, et d’associations d’usagers, peuvent obscurcir ce qui en France est le moteur de notre activité: un but thérapeutique » . La SOFTEC est en réalité les équipes médicales hospitalières qui se sont proclamées elles-même expertes de la « prise en charge » des personnes trans.

Septembre 2010 : Première réunion du groupe de travail DGOS (Direction Générale de l’Offre de Soins). 2/3 des personnes présentes sont membres de la SOFECT, dont Colette Chilland.

Janvier 2011 : OUTrans sort un guide à destination des pd/gay trans qui font du sexe avec des gay/pd cisgenres.

Mars 2011 : Appel d’offre de l’INPES pour des projets liés à la santé sexuelle des Trans.

Avril 2011 : Le ministre du travail de l’emploi et de la santé commande un rapport à l’IGAS qui doit aider entre autre à « évaluer l’opportunité de la création d’un centre de référence pour la prise en charge médicale du transsexualisme.». Tout le tissu associatif français travaillant activement sur la question trans est auditionné ainsi que certaines associations de lutte contre le sida. Nous n’avons aujourd’hui toujours pas le rendu de cette enquête alors que le rapport de l’IGAS a été rendu au ministre de la santé et des sports.

Décembre 2011 : OUTrans diffuse la première campagne d’incitation au dépistage à destination des personnes trans. Au même moment, une enquête de l’INSERM menée sur la santé sexuelle des trans est publiée. Le taux de séroprévalence chez les Femmes Trans migrantes et travailleuses du sexe est 3 à 4 fois plus élevée que la moyenne.

 

Chrysalide, association trans d’auto support à Lyon a mené elles même une autre enquête sur l’accueil de la population trans par le corps médical et le rapport des trans à leur propre santé (sexuelle et générale).

 

  1. II.Quand le sujet parle…

Comme on peut le voir, l’émergence des luttes pour les droits des personnes trans a opéré en premier lieu un déplacement de la question trans du champs psychiatrique vers le champs politique. 

Dans la lignée des mouvements féministes, nous questionnons les catégories qui produisent les rapports de pouvoirs qui structurent notre société en même temps qu’elles en émanent.

Le discours médical, réputé exact parce que scientifique, prétend exister en dehors et au dessus des rapports sociaux. Ce discours scientifique produit alors des catégories en dehors de toute réalité sociale, en dehors de rapport de lutte et les inscrit alors dans une vérité qui se voudrait universelle et naturelle.

En réalité, ces dispositifs créent et classent des catégories d’êtres : qui est un homme ? Qui est une femme ? Qui est trans ? Qui est malade ? Qui doit être guéri-e ?

 

Ces catégories deviennent alors naturalisées et maintiennent la catégorie femme et la catégorie trans dans un état de subordination.

S’émanciper des discours médicaux et psychiatriques hégémoniques, c’est revendiquer le droit de choisir nous-mêmes les corps et les identités de genre que nous voulons. C’est refuser qu’une normes présentée comme naturelle et allant de soit alors qu’elle n’est que la production et le reflets de rapports de domination, nous soit imposée et puisse dicter ce que nous sommes et ce que nous devrions devenir.

 

Ainsi, nous pensons nos  transidentités au pluriel et nous revendiquons la diversité de nos parcours trans. Le respect de l’auto-définition de chacun-e est à la base de notre pratique militante à OUTrans.  Pour autant passer du refus d’une binarité obligatoire à l’obligation de se situer en dehors des catégories de genre hégémoniques serait substituer un discours imposé à un autre. C’est pouruqoi nous restons vigilants quant au discours qui se voudrait «   queer   » et qui refuse le droit aux personnes trans de se penser et d’advenir dans des catégories  de genre dominante sous prétexte que ce serait se faire le jeu de la «   différences des sexes   » et d’un certain retour à l’essentialisme. Notre discours militant se situe sur ces deux fronts de lutte   : contre les contraintes sociales qui nous voudraient hommes ou femmes dans les stéréotypes les plus crasses et contre la contrainte d’un discours queer au delà de nos réalités sociales qui voudraient que nous ne soyons ni homme ni femme.

 

  1. II.… Le discours suit…

Pour que nos identités ne soit pas le jeu d’une instrumentalisation politique et normative de part et d’autre, dans OUTrans nous estimons qu’il est urgent que nous prenions la parole , que nous créions nous-mêmes les conditions d’émergence de notre lutte et de notre discours, que nous revendiquions notre appartenance au mouvement féministe comme sa possible prolongation réflexive sans en accepter pour autant les dérives transphobes.  Il est tout aussi important pour nous de nous inscrire dans le mouvement queer sans  sans renoncer à nous définir hommes ou femmes comme nous le voulons, quand nous le voulons et où nous le voulons. L’importance de la définition de soi réside en cela même qu’elle fluctue selon les espaces où elle est affirmée et relève notamment de notre sécurité dans une société profondément sexiste et transphobe et globalement ignorante sur les enjeux liés à la vie des trans. Ainsi, nous venons perturber à notre façon, le système de production des savoirs en nous positionnant nous mêmes comme nos propres experts, des experts profanes dans la vue de dépassé la catégorie nosographique qui nous a été assignée. Nos transidentités sont politiques et notre lutte est une lutte d’émancipation.

 

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Pour s’appuyer sur des exemples de discours que OUTrans a pu produire on peut par exemple s’appuyer sur cette affiche réalisée à l’occasion du Tdor en 2011. Le T DOR est le jour de commémoration des personnes trans victimes d’assassinat. Nous ne voulions pas ce jour là pleurer les morts de notre communauté mais bien plutôt exprimer notre rage et exiger des revendications concrètes qui peuvent endiguer les agressions transphobes. Nous avions donc choisit ce slogan «   En rage plutôt qu’en deuil   » pour nous défaire entre autre d’un positionnement attendu de la part de la communauté trans   : montrer notre souffrance comme pour montrer patte blanche. (mettre affiche Tdord+cp et/ou lien)

Nous voulons dans OUTrans produire non seulement un savoir qui nous est propre mais aussi une grammaire pour nous penser davantage dans la puissance d’agir, l’empowerment, que de renouveler sans cesse la position victimisante qu’un système inégalement distribué attends de nous, fait de nous des individuEs acceptables. Le communiqué de presse qui accompagnait cette affiche ne pouvait pas être plus explicite. Nous voulions célébrer notre force, notre puissance et notre résilience. Nous voulions aussi visibiliser (et continuons de le faire) que la transphobie n’est pas seulement le jeu de certainEs individuEs violentEs qui ne supporteraient pas  la visibilité des trans dans l’espace public, mais qu’il s’agit bien d’un dispositif global et incorporé par chacunE. Les discours faisant encore une différenciation entre les sujet trans  , transgenres et transexuels (qui s’appuient donc sur la psychiatrie et donne alors plus ou moins de valeur à nos vies) , créant une échelle de souffrance face aux situations de discriminations auxquelles nous pouvons être confrontés, une échelle de catégories qui nous divise valide et participe à rendre la transphobie licite  ; un appareil d’Etat qui s’entête à freiner l’accès à nos droits en les niant fonctionnant au cas par cas pour les questions de changement d’Etat civil sans opération chirurgicale, etc….

 

 

En conclusion, c’est à nous, trans, de repenser le sens politique que l’on veut donner à nos vies, à nos parcours et surtout à nos différentes représentations. Nous n’avons pas à laisser d’autres parler pour nous et nous mettre à une place de victimes passives. Si dans nos esprits, si dans la représentation de la majorité des individus trans, la transidentité rime avec souffrance ça n’est pas parce qu’il s’agit d’une « maladie », mais parce que les dispositifs transphobes qui nous asphyxient et régissent nos vies nous empêchent de nous déployer socialement comme nous le désirons. Les trans sont aussi et avant tout une catégorie éminemment politique (et non une catégorie psychiatrique), nos luttes revendiquent une égalité radicale qui touche au corps, à l’identité, au plaisir, à la santé, au travail, au savoir, au pouvoir de définir d’autres normes de vie.

 


Mis en ligne : 18 mai 2012.

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Outrans, soutien à STP 2012


 

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STP 2012
OUTrans

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Le samedi 22 octobre 2011 s’est tenu, dans plus 60 de villes dans le monde, la 5éme « journée internationale de lutte contre la pathologisation des identités trans », de la campagne « Stop Trans Pathologisation 2012 »[1]. Cette campagne internationale, lancée en 2007 à l’initiative d’activiste, français et portugais, vise à faire retirer les « troubles de l’identité sexuelle »[2] des manuels internationaux de psychiatrie et plus particulièrement du DSM[3] et de la CIM[4] dont les nouvelles versions paraitront respectivement en 2013 et en 2015. Le moteur de cette campagne internationale est de permettre aux personnes trans de ne plus être, et ce, à aucun moment de leur transition, sous la tutelle d’un psychiatre. A l’heure actuelle, dans un grand nombre de pays dont la France, les personnes trans sont soumises à des évaluations psychiatriques à chaque étape de leur transition : prise d’hormones, chirurgie, changement d’état civil.

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En France, c’est principalement à travers la question des équipes hospitalières que se manifeste le plus explicitement ce contrôle psychiatrique de nos corps et de nos identités. Ces équipes pluri-disciplinaires associant psychiatres, endocrinologues et chirurgiens reprennent le modèle des équipes préconisées dès les années 50 par le Docteur Money. Aujourd’hui comme au milieu du XXe siècle, l’objectif est clair : créer des hommes et des femmes copyrighté-e-s. Dès lors, pour ces équipes hospitalières, un certain nombre de critères sont indispensables si l’on veut obtenir un diagnostic permettant une prise en charge : être hétérosexuel-le dans son genre choisi, être séronégatif, ne pas avoir d’enfant, ne pas s’être prostitué-e, désirer une opération de réassignation sexuelle, avoir la conviction intime et depuis l’enfance que l’on appartient « au sexe opposé », réussir des tests de personnalité selon lesquels les femmes s’épanouissent à la cuisine et les hommes en coupant du bois, etc. Ces équipes hospitalières reproduisent alors, en prenant appui sur le diagnostic psychiatrique, une matrice du genre digne d’une publicité sexiste américaine des années 50.

Au-delà de la question de ces équipes hospitalières, la pathologisation des transidentités fait de la case psychiatre une case difficile à contourner complètement, et ce même en « parcours libre ». A de rares exceptions près, un certificat psychiatrique est nécessaire pour quiconque souhaite commencer un traitement hormonal, effectuer une chirurgie ou changer ses papiers. Autrement dit, c’est un véritable pouvoir d’ingérence que les médecins psychiatres exercent sur nos corps et nos identités. Alors que certain-e-s trouveront, par chance, le contact d’un psychiatre considérant les personnes trans comme les plus à même de définir ce qu’elles sont et désirent, d’autres verront leur parcours devenir beaucoup plus complexe. En équipe hospitalière comme dans le privé, certain-e-s attendent plus de deux ans avant d’obtenir la précieuse attestation leur permettant d’avoir accès à des hormones. D’autres encore voient cet accès tout simplement refusé car n’ayant pas suffisamment réussi à prouver leur conformité aux identités homme© ou femme©[5]. Plus qu’un rapport entre usagers et médecins, c’est un véritable rapport de force qui existe entre les personnes trans et certains praticiens.

Cependant, alors que la mobilisation grandit, nous, personnes et activistes trans, voyons se multiplier, à l’internationale, les avancées en faveur d’une dépathologisation complète des transidentités. Fin septembre, la World Professional Association for Transgender Health (WPATH), a rendu public la 7éme révision de ses standards de soins[6], retirant la place centrale et omnisciente de la psychiatrie dans les parcours de transition. Ces nouveaux standards placent alors le respect des personnes en premier plan, et prend en compte une diversité d’identités alors mises à mal par la pratique psychiatrique. 
Fin septembre encore, le Parlement Européen a envoyé un signal fort en demandant à l’Organisation Mondiale de la Santé – éditrice de la CIM – de dépathologiser les dits « troubles de l’identité de genre ». C’est à travers l’adoption d’une résolution que le Parlement Européen a demandé à l’OMS de sortir définitivement les identités trans de la liste des troubles mentaux et du comportement de la CIM pour pouvoir alors les reclassifier dans une catégorie non-pathologique.


Dans le même temps en France, l’heure est à l’inaction après l’annonce, en 2009 par Roselyne Bachelot alors ministre de la santé, d’une dépsychiatrisation des parcours trans. Dépsychiatrisation qui n’a de telle que le nom, puisqu’il ne s’agit en réalité que d’un changement de codification de l’Allocation Longue Durée accordée aux personnes trans. Dans les faits, la place de l’expertise psychiatrique dans les parcours trans n’est absolument pas remise en question. Loin de ce type de déclaration de principe, la France va devoir se positionner concrètement sur ce dossier.

La façon dont est prise en charge la question trans par la psychiatrie, et à travers elle, par l’État, est inacceptable. Cette ingérence tour à tour des médecins et de l’État sur nos corps cherche à nous déposséder de tout pouvoir d’action sur celui-ci. Comme les militantes féministes, nous nous voyons forcé-e-s de rappeler que nos corps nous appartiennent. Ainsi, nous, activistes et personnes trans, sommes nombreux à avoir fait le choix de ne pas recourir aux équipes hospitalières françaises pour nos transitions, et appelons toutes personnes trans à ne plus/pas recourir à ces médecins, médecins actuellement regroupés au sein de la Sofect[7]. En effet, comme toutes personnes usagères du système de santé nous avons le libre-choix de nos praticiens dans tous les domaines médicaux.

Par ailleurs, cette ingérence de la médecine, et plus particulièrement de la psychiatrie, rend paradoxalement l’accès aux soins et son suivi plus difficiles. En effet, la subordination des personnes trans à la psychiatrie et à la maltraitance de cette dernière entrainent nombres de personnes trans à une méfiance envers les praticiens de santé. De plus, le manque de formation et d’informations des praticiens de santé (gynécologues, urologues, généralistes, etc.) ne permettent que très rarement un suivi médical correct aussi bien au niveau des IST que d’autres pathologies lourdes (cancer de la prostate ou du col de l’utérus par exemple). À travers ces questions de santé sexuelle, c’est toute une réflexion de santé globale trans qu’il est indispensable d’amorcer. Le rapport des personnes trans aux praticiens de santé est un rapport délicat qu’il est nécessaire de travailler afin de favoriser l’accès à la prévention, aux dépistages et aux soins.  La facilitation des parcours s’inscrit alors pour nous dans une perspective globale permettant aussi bien le respect des libertés individuelles qu’un meilleur accès aux systèmes de soins.

Nous ne pouvons que constater qu’en refusant le libre choix de nos parcours et de nos identités, l’État perpétue une tradition de pensée selon laquelle nos corps ne nous appartiennent pas.

Outrans, le 30 octobre 2011

www.outrans.org


[1]Voir  http://www.stp2012.info/old/fr

[2] On parle de « troubles de l’identité sexuelle » correspondant, selon les auteurs, à la « dysphorie de genre », au « transsexualisme » ou bien à la « transsexualité ».

[3] Diagnostic and Statistical Manual publié et révisé par l’American Psychiatric Association.

[4] Classification Internationale des Maladies publlié et révisé par l’OMS.

[5] E. Dorlin, Homme/Femme©. « Des technologies de genre à la géopolitique des corps » in Critique, numéro 764-765, Paris, Les Editions de Minuit, 2011, p.16-24.

[6] Voir http://www.wpath.org/documents/Standards%20of%20Care%20V7%20-%202011%20WPATH.pdf

[7] Voir http://www.transsexualisme.info/

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